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17 Jun

Jean LEMOYNE : Souvenirs d'un ancien interne (1945 à 1948)

Publié par Les Anciens de St Ad  - Catégories :  #Nouvelles d'Anciens

Il y a un mois, nous avons reçu une lettre d'un ancien interne qui a connu les touts débuts de St Adjutor.
Pour lui, ce furent les pires années de sa vie, entre la mauvaise qualité de nourriture et les brimades des autres élèves ainsi que du directeur de l'époque, l'abbé Pigny.
Nous avons particulièrement apprécié cette initiative et cette intelligence de prendre des nouvelles d'une école qu'il ne porte pas vraiment dans son coeur.

Nous lui avons demandé de nous raconter certains de ses souvenirs à St Adjutor, entre les baraquements, la cantine dans le Manoir et la vie quotidienne d'un interne dans les années 40...

 

Monsieur Wadel, professeur de français, avec son grand chapeau et ses bandes molletières, très féru de Moyen-Age. On étudiait un auteur, M. Wadel résumait son cours en 3 points : l’homme, l’œuvre et « totum ». S’il y avait quelque brouhaha dans la classe, M. Wadel arrêtait son cours pour le reprendre un peu plus tard, mais en sautant un des points. Pas facile de s’y retrouver après ! (photo ci-contre)






L’abbé Bachelet avait fondé une petite association qu’il avait appelée « Fraternité St François » (mais je ne suis pas sûr du nom) et dont je faisais partie, pour la bonne tenue de la chapelle et la préparation des offices.


Sous ces deux noyers dans la pente, M. Seigneur, l’économe, garait la vieille fourgonnette Peugeot, qu’il devait généralement démarrer en la poussant dans la descente !

Le jour du Christ-Roi (dernier dimanche d’octobre à cette époque-là), on essayait de ramasser les premières noix à terre. Mais gare aux punitions si on se faisait prendre !



Au premier plan, la cour de récréation, un ancien champ hâtivement recouvert de mâchefer. Il nous arrivait de gratter le sol pour récupérer pour le manger quelque tubercule de l’ancien champ. Mais gare à ne pas se faire prendre, cela pouvait coûter quelques jours de retenue à prendre sur les vacances scolaires !









Les baraquements en bois chauffés avec des poêles à bois en simple tôle étaient très dangereux.

Une nuit, le feu a pris dans une des classes, mais il n’y avait pas d’extincteur. L’autre fois, il y en avait mais ils étaient vides. Une troisième fois, ils avaient gelé !

Un jour, un élève avait mis son encrier à dégeler sur le poêle, provoquant une explosion d’encre dans toute la classe !


 

M. Dardelin, professeur de sciences, était un baratineur avec l’accent faubourien,

qui n’avait qu’une seule passion, le football ! Aussi y avait-il toujours quelqu’un dans la classe pour l’amener sur ce terrain… (photo ci-contre)









Dans notre salle à manger, nous étions par petites tables de quatre. On avait droit à une seule tranche de pain noir à consistance de chewing-gum. Souvent nous avions de la soupe (eau de cuisson des pommes de terre), des pommes de terre à l’eau (sans beurre, évidemment) et si on avait encore faim, nous avions l’autorisation de manger les épluchures ! Et puis, il se trouvait bien quelquefois un élève qui racontait quelque histoire salée pour écœurer  un autre et récupérer sa portion !

Parfois, la salle était traversée par un larbin en tenue, portant un vrai repas chez le supérieur, mais il n’arrivait pas toujours à bon port, en raison de quelque croche-pied anonyme.


Merci à Monsieur Jean Lemoyne.

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